Le Geneva Graduate Institute, avec le généreux soutien de la République et de l'Etat de Genève, annonce la publication de son dernier rapport, Paying for Multilateralism : Bilan du financement des organisations internationales à Genève, 2000-2020. Cette étude novatrice, rédigée par Livio Silva-Muller et Remo Gassmann et s'inscrivant dans le cadre des Geneva Policy Outlook, fournit une analyse approfondie des tendances en matière de financement des organisations internationales basées à Genève sur deux décennies et constitue une contribution importante à l'étude des organisations internationales, ainsi qu'aux discussions sur l'adaptation de la Genève internationale à un monde en mutation rapide.
Ce rapport est basé sur un nouvel ensemble de données comprenant plus de 30 000 contributions financières de plus de 1 000 donateurs entre 2000 et 2020, utilisant des méthodes de pointe pour analyser les sources de financement des institutions de gouvernance mondiale. L'étude se concentre sur un sous-ensemble de 16 organisations appartenant à l'écosystème plus large de la Genève internationale, caractérisées par leur empreinte financière individuelle supérieure à 250 millions de dollars par an.
Principales conclusions :
- Augmentation constante des contributions: Le rapport révèle une croissance significative des contributions annuelles aux organisations internationales à Genève, passant de 4,2 milliards de dollars en 2002 à 23,6 milliards de dollars en 2020. Sur la période de 20 ans, le montant total des contributions s'élève à 253,7 milliards de dollars.
- La prédominance du financement public: Les donateurs publics représentent 90,1 % de l'ensemble des contributions. Malgré une augmentation notable des contributions privées, qui sont passées de 4,1 % en 2007 à un pic de 12,7 % en 2017, la majorité du financement continue de provenir de sources publiques.
- Principaux donateurs: L'écrasante majorité des fonds provient des pays occidentaux, le G7 et l'UE contribuant à plus de 90 %. Les États-Unis sont devenus le premier contributeur, avec 26,3 % du total des contributions. La Fondation Gates est la seule entité privée à figurer parmi les 15 premiers donateurs.
- Financement sectoriel: Les secteurs de la santé et de l'aide humanitaire ont reçu les contributions les plus élevées, le Fonds mondial, le HCR et l'OMS étant les principaux bénéficiaires. À lui seul, le secteur de la santé a reçu 112,5 milliards de dollars, soit près de la moitié des contributions totales sur la période étudiée, ce qui souligne le rôle essentiel de ces secteurs dans la Genève internationale.
Dans le contexte des crises de financement actuelles du système des Nations unies, un sentiment palpable d'incertitude opérationnelle plane sur la Genève internationale. Les difficultés financières persistantes rencontrées par les organisations internationales rappellent que le système multilatéral est de plus en plus sollicité. Dans son introduction, Marie-Laure Salles, directrice du Geneva Graduate Institute, souligne qu'"à l'heure où le multilatéralisme est remis en question et subit des tensions financières, il est important de réaffirmer deux fondamentaux : Le rôle indispensable du multilatéralisme alors que nous sommes confrontés à tant de défis mondiaux aigus et urgents que nous devons aborder ensemble, en tant que communauté internationale ; et l'importance du financement pour le rôle et l'impact durables de la gouvernance mondiale".
La prédominance des sources de financement occidentales à Genève prête le flanc à la critique selon laquelle l'organisation n'est pas aussi mondiale qu'elle le prétend. Achim Wennmann, directeur des partenariats stratégiques au Geneva Graduate Institute, souligne dans son commentaire que "ces chiffres révèlent une certaine vulnérabilité du financement des organisations internationales basées à Genève si l'on considère une perspective politique dans laquelle les changements de gouvernement au sein des principaux donateurs pourraient modifier leur rapport à la coopération internationale et au soutien de questions telles que la diplomatie de la santé ou l'aide humanitaire".
L'étude met en évidence le besoin critique d'un système de gouvernance équilibré et multipartite au niveau régional, en diversifiant les sources de financement entre les États et les différents acteurs. La prochaine question à explorer sera de savoir quels mécanismes intersectoriels et quelles approches collaboratives peuvent améliorer la diversification des financements pour les organisations qui s'attaquent aux défis mondiaux et jeter des bases solides pour l'avenir de la gouvernance mondiale.
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Pour les demandes de renseignements sur les médias :
Le rapport complet est disponible pour les médias sous embargo jusqu'au 19 juin. Pour plus d'informations ou pour organiser une interview, veuillez contacter Léna Rieder-Menge, responsable des partenariats stratégiques et des relations publiques - lena.menge@graduateinstitute.ch
Événement de lancement public :
Rejoignez-nous pour le lancement public de l'étude le mercredi 19 juin de 12h30 à 13h30.
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